See you.

31 mars 2008

Publié par eliath dans Non classé

My god. Il s’est passé le truc le plus surréaliste de ma vie.

Je viens de laisser Léo, après une conversation qui a duré entre minuit trente et maintenant. Par Skype.

Tellement…
Plus tard, j’expliquerai.

26 mars 2008

Tellement et si peu

Publié par eliath dans Non classé

Je me sens bloquée, paralysée.
Comme si mon esprit était mis en mode « stand-by ». Ou plutôt, en mode « fixation ».
Putain. Je n’arrive pas à penser à autre chose.
Et quelque chose en moi hurle la sensation, le pressentiment idiot d’une défaite à venir. Je me sens petite, écrasée, fébrile, en attente, dépendante, soumise, faible, asservie, inassouvie, criante de désir dans tout ce que je fais, et ridicule par le pseudo-naturel que j’essaie d’adopter, j’aimerais bien savoir ce que je souhaite, vraiment,
Et pour la première fois, je réalise à quel point je peux moi-même être cruelle. Lorsque je vais boire des verres avec des garçons auxquels je plais, mais qui ne me plaisent pas autant en retour, et que j’accepte parfois de les revoir, que je leur envoie un texto sympathique, que je leur réponds aimablement au téléphone, que je m’enthousiasme pour un de leur propos ou une de leurs propositions, tout ça pourquoi, tout ça parce que je me sens seule à ce moment, ou bien que j’ai envie que l’on m’aime, que j’aime me sentir appréciée, désirée, à ma juste valeur. Jusqu’ici, je ne m’en rendais pas vraiment compte. Du moins, pas à ce point. Je ne jouais pas, surtout pas ; j’étais juste naturelle, moi-même, contente de les voir, mais point barre. Cruelle réalité sans m’en apercevoir.

Alors, alors, alors… J’en viens presque à oublier la soirée de mardi, où je me suis sentie si bien entre lui et Yvan, putain, je ne sais plus, je ne sais plus rien.

Je me souviens de son doux geste, ces mains, les doigts entrelacés, pliés sur le cœur, et ces mains qui s’envolent, doucement, comme une respiration, et son sourire si particulier.

 

Je me sens tellement bloquée, tellement incertaine, tellement inquiète.
Lorsqu’il me dit qu’il repart samedi.
Et qu’il reviendra en mai.
En mai.
En mai, putain, en MAI.
C’est dans plus d’un mois. S’il revient fin mai, c’est dans deux mois.

 

26 mars 2008

Léo.

Publié par eliath dans Non classé

Bon, je sais bien que j’avais promis de finir mon week-end, de raconter cet énorme rebondissement surgi de nulle part,

Mais là, tout de suite, il y a autre chose, de tellement mieux à dire:

J’ai vu Léo.
Léo, le copain de Yvan, le « peut-être que » qui habite dans une autre ville, le « qui m’intéresse beaucoup » qui me semblait me filer entre les doigts pour cause de longue distance…


Il est Paris, là, et je l’ai vu.
Yvan, lui, et moi, le studio de Radio France et la Jeune Fille et la Mort de Schubert, nos pas sur les quais de Seine, mon bar favori à Odéon.

Heure exquise
Qui nous grise
Lentement,
La caresse,
La promesse
Du moment
L’ineffable étreinte de nos désirs fous
Tout dit : Gardez-moi puisque je suis à vous

24 mars 2008

Samuel

Publié par eliath dans Non classé

C’est un peu comme une réminiscence éveillée d’il y a deux, trois ans.
D’abord, dimanche, comme ce week-end de mars 2005. Cherchez, si vous voulez. Dans cet ancien chez moi. Un parfum d’ailleurs.

Pacques chez ma marraine. En comité plus réduit, cette fois-ci, on est une petite quinzaine. Mes parents, ma marraine et mon parrain, deux de ses filles et leurs maris, avec leurs enfants, une nièce et sa copine et leurs fille. Parmi eux, Samuel est là. Ca y est, j’ai fait le numéro 56 de mes 100 choses à faire en mille jours. Samuel. Je me rappelle ce frisson qui m’avait parcouru, lorsque je l’avais rencontré, en plein milieu de la nuit, pieds nus sur le carrelage de la cuisine, son verre de lait, et nous deux assis sur le perron du jardin, dans la nuit, avec le vent et le silence tout autour. Samuel et ses yeux baissés, ses mains finement charpentées, son attitude nonchalante et un peu lointaine à la fois, le tout petit sourire en coin dont il nous gratifiait parfois. Et ses mots, qu’il m’avait dit cette nuit-là.
Samuel. Ca fait trois ans. Putain, c’est bête de le dire, mais c’est fou comme le temps passe vite, comme on grandit, comme la petite Lili a poussé, même si elle est toujours petite et chantante, comme Paul est devenu un ado plus réservé et intéressant à la fois, qui dessine extrêmement bien et observe, posé comme son père, les gens autour de lui.

Les enfants s’en vont faire une promenade avec des adultes, et ceux qui restent disposent les oeufs dans tout le jardin. Cette joie, cette joie particulière qui m’emplit à l’idée de faire plaisir aux petits, de les voir tout à l’heure tout émerveillés et contents de trouver des oeufs, des poules, des lapins partout. Et lorsque les cloches sonnent dans le village, ils reviennent et courent partout dans le jardin. Des sourires en masse, on prend des photos ; j’ai l’impression de faire comme un passage, une transmission d’un truc à la génération suivante : moi aussi, quand j’étais gamine, j’étais là, à courir partout avec le panier à la main, espérant trouver les gros lapins en chocolat avant les autres enfants, et dénicher encore un oeuf, même quand on était quasiment sûr que tout avait été ramassé. Je me sens devenue grande, et je le regarde avec tendresse, farfouiller partout. J’aime bien Paul, qui a bientôt 12 ans, et est devenu incroyablement mature. Il aide les plus petits, un peu timide, et tellement touchant dans son envie d’aider, dans son inventivité pour cacher les oeufs, et dans son rôle de grand frère apaisé.

Samuel est là, il regarde, il sourit un peu, et parfois, je sens que son regard se pose sur moi.
Moi aussi, j’ai grandi, en trois ans. Je ne suis plus l’ado, je suis vraiment une jeune fille, une jeune femme en devenir. Je me maquille un peu, j’ai appris comment mettre mes yeux en valeur avec un peu de noir, c’est tout – pour le reste, je ne maîtrise absolument pas l’art du maquillage -, je suis épanouie dans ce que je fais à la fac, j’ai probablement mûri, aussi, je ne sais pas. Il y a comme une interrogation muette dans son regard – comme dans les regards des autres, aussi, qui se demandent tous un peu ce que je deviens, depuis trois ans ou plus – la dernière fois que la nièce m’avait vue, j’avais cinq ans et elle vingt.

Et puis, la tablée lumineuse, avec le grand plat fumant et les enfants qui rient, les adultes qui parlent fort et chaudement, pleins de sourires et de gaité. Ma marraine-soleil, le petit dernier qui est né le 25 Décembre, le chat qui court partout avec Lili qui hurle de rire derrière, mon parrain avec ses blagues toujours aussi particulièrement et marrantes, mes parents détendus – enfin, presque pour ma mère -, les filles de ma marraine, belles femmes actives, mères, toujours aussi fraîches et pleines de gaité communicative. Et Samuel, qui alterne entre phases de silence, les yeux vissés au sol, toujours aussi fascinant, et dialogues animés avec d’autres membres de la tablée.

Après le déjeuner, les enfants et moi faisons une partie de cache-cache, et je dois dire que j’étais aux anges quand, alors qu’on était tous planqués, entassés dans le placard, avec la lumière de mon téléphone pour que le petit Jules n’aie pas peur dans le noir, la petite Emilie – la fille de la nièce de ma marraine – m’a dit : « Ouah… C’est chouette, j’aurai quelque chose à raconter à mes copains mardi!… »

L’après-midi file à toute vitesse ; cette année, je n’ai pas dormi là-bas, puisque Engo fête ses 23 ans le dimanche soir…
Et avant de partir, environ une heure de flottement, où Samuel et moi avons envie de nous retirer du joyeux brouhaha qui emplit la maison. Nos pas nous portent un peu n’importe où, et parfois, on se croise, un sourire léger échangé, complice dans la quête d’une solitude momentanée pour se reposer.

Puis tout le monde se retrouve dans le salon, car mes parents et moi partons, je profite de leur voiture pour rentrer à Paris plutôt qu’en train. Je surprends une ou deux fois le regard de Samuel sur moi, doucement silencieux.
Et il arrive cette chose curieuse, comme dans les soirées entre copains, où l’on se retrouve à dire au revoir à tout le monde, jusqu’à laisser en dernier, pour la fin, plus ou moins inconsciemment, celui que l’on apprécie le plus, et craint le plus à la fois, parce qu’il nous attire.
Alors, Samuel, te voici, face à moi, et je sens que tu es conscient de ce statut de ‘dernier’. Il y a ce silence étrangement non-plein, lorsqu’on s’embrasse pour se dire au revoir, ce silence dénué de la plénitude normale qu’il y a entre deux personnes qui se disent joyeusement au revoir. Sa main brièvement sur mon épaule, ce silence empli d’interrogations, et puis, il murmure, presque surpris par ce filet de voix qui sort de lui, comme s’il s’attendait à avoir un timbre plus solide, plus franc : « Eh bien… Bon retour, et peut-être à l’année prochaine. ». Et il ajoute avec un petit sourire amusé : « Et Joyeuses Pacques ». Je réponds : « Au revoir, Samuel, à bientôt peut-être. » Une esquisse de mouvement un peu gêné, et puis ses yeux se baissent, il semble reprendre son masque, et moi je détourne la tête. Très léger, très infime, mais présent. Cette interrogation, et cette complicité silencieuse.
Tandis que mes parents entrent dans la voiture, lui et sa femme entrent dans la leur, et nos yeux se croisent, à travers la pluie qui tombe. Je ne vois pas très bien son regard, mais il y a eu sa tête levée vers nous, en silence.

Samuel.
Ce non-dit tellement envoûtant, qui entoure cette homme qui me fascine, m’électrise à chaque fois que je le vois. Tout en sachant très bien que si justement je m’accorde cette attirance muette, c’est bien parce qu’elle appartient au domaine de l’irréalisable, de l’intouchable, et heureusement. Il est beau en mari, en père, et attirant en homme. Et c’est là tout la différence. Que nous respectons trop pour oser y toucher. Et c’est ça que j’aime. Ces petits riens de silence, de compréhension, ce truc partagé au-delà d’un échange dialogué, où l’on se voit grandir et vieillir l’un et l’autre, avec curiosité, intérêt, et respect. C’est doux.

Il faudra que je finisse de raconter ce week-end.
Parce que le plus « rebondissements » reste à venir. Mais je n’ai pas fini, ça viendra.

 

23 mars 2008

Phil

Publié par eliath dans Non classé

Phil, à chaque fois que tu reviens de là-bas, pour ici, c’est comme une parenthèse qui s’ouvre.

D’abord, la crainte d’avoir envie de se voir, est-ce que c’est vraiment une bonne idée, oui, non, peut-être, on hésite, on se demande, on a envie et en même temps on a peur. Et puis, on se décide, et c’est toujours merveilleux, de te voir là, si beau, si doux, si familier, surtout. Tout en toi m’est connu, proche, évident. De tes fossettes si charmantes à tes petits regards francs et pleins de désir, tes sourcils droits et longs, ton vieux jean tout passé « Ils me durent un an » dis-tu – il y a un exactement, nous étions à Londres, je crois. Et tes cheveux que tu as coupé, adieu à tes boucles bordéliques, mais j’aime cette nouvelle coupe, tes cheveux très courts, un peu comme ceux de ton frère aîné ; « Ils te rendent plus sexy », je te dis, et tu souris.
On parle, toujours, tout le temps, et on marche, toujours, tout le temps. C’est vraiment une parenthèse, je crois, car on bénéficie du seul après-midi de soleil exquis, dans cette semaine grise, pluvieuse, et glacée. Parfois, tu me serres dans tes bras, et je ferme les yeux. C’est si bon, d’avoir ma tête contre ton épaule, de sentir des bras, tes bras, autour de moi. C’est comme si j’étais à la maison, quelques instants. Et lorsqu’à un moment, rue des Petits Champs, alors que nous cherchions une boutique à laquelle je souhaitais aller pour trouver un cadeau pour Engo, c’est moi qui me suis tournée spontanément vers toi pour te prendre dans mes bras, alors, tu as murmuré : « Oh, ça fait du bien que tu fasses ça… ». Moi aussi, ça m’a fait du bien, de le faire, et de l’entendre dire.

 

Parce que notre relation est si belle, si douce, si tendre, et qu’elle est exactement comme dans les films. Où deux anciens amants, deux anciens aimants, se retrouvent, et sont tous deux emplis d’une tendresse infinie pour l’autre, et où tout en eux dit la caresse, les mains, les yeux, les attitudes, les mots, les rires, les idioties, tout.
Je sais pourtant que si c’est ainsi aujourd’hui, c’est peut-être parce qu’au fond de toi, et pas tellement au fond, d’ailleurs, tu es toujours amoureux de moi.

Au moment de nous séparer, hier après-midi, au milieu de ce carrefour lumineux, l’espace tout grand autour de nous, tu m’as dit : « D’ailleurs, j’ai quelque chose à te dire, Eliath. ». J’ai répondu : « Ah oui? Qu’est-ce que c’est? » « Je… Non, rien. Tu le sais. » « … Dis-moi, dis-moi ce que c’est. » Et toi, d’un air mutin et tendre à la fois, tu as rétorqué que non, tu ne me le dirais pas. J’ai insisté un peu, et tu as répété que je le savais. Et moi : « Oui, je le sais. » « Ah bon? Et qu’est-ce que c’est? » « Je crois que ce que tu ne me dis pas, c’est que tu es peut-être encore un peu amoureux de moi. » Tu m’as regardé si intensément, et en même temps, tout autour de nous et entre nous appelait à la légèreté, le soleil, ton sourire et le mien, l’espace et le vent si fou, les voitures à toute vitesse, mes cheveux qui voltigeaient en tous sens, et cette façon si merveilleuse qu’on avait de se regarder l’un l’autre, comme si on se connaissait depuis mille ans, comme toutes les fois qu’on se retrouve, tellement heureux, tellement chez nous. Et tu m’as demandé : « Et pourquoi est-ce que tu dis ça? », avec cet étrange sourire qui montrait que je t’avais percé à jour. « Parce que je le crois. » « Mais tu sais, Eliath, un jour, tu t’apercevras que toi aussi, tu es encore amoureuse de moi », as-tu répondu, comme à chaque fois qu’on en vient à parler de ça, de nous, de ce qui reste, de ce qu’on ne veut pas perdre, et de ce qui s’efface doucement, s’apaise peu à peu – ton amour pour moi, peut-être, et le mien pour toi, malgré tout.
J’ai souri, sans vouloir vraiment répondre oui ou non, parce que je pense que je ne suis plus amoureuse de toi, Phil, mais je crois que tout au fond de moi, je t’aime encore, d’une certaine manière. Même si je t’ai quitté, je ne peux pas te désaimer totalement, je ne peux pas te détacher de moi, de rélèguer au rang d’ »ex », te mettre dans une petite poche zippée marquée « passé ». Tu es toujours mon meilleur ami, la personne avec laquelle je parler comme avec nulle autre. Tu es toujours celui auquel je songe lorsque je suis immensément triste, tu es toujours celui auquel je parle mentalement des livres que je lis, tu es toujours celui auquel j’imagine montrer fièrement mes nouvelles chaussures, tu es toujours la dernière peau que j’ai aimé caresser – celle d’Alex ne compte pas.

Alors oui, Phil, je ne suis peut-être plus amoureuse de toi, mais j’ai toujours cette tendresse si merveilleuse que j’ai parfois l’impression d’avoir envie que cette situation dure éternellement. Toi amoureux de moi, revenant tous les un à deux mois, pour un après-midi délicieux, tendre, complice. Comme dans un film, où l’on s’aime toujours tout bas, sans se le dire, et tout en continuant notre vie chacun de notre côté – d’ailleurs, on en parle, de nos tentatives, avec des filles et des garçons pas terribles, personne ne nous ayant satisfait comme l’un et l’autre nous nous plaisions mutuellement, du temps ou l’on était ensemble. Mais je sais que je veux autre chose, que je veux du neuf, que j’ai envie de retomber amoureuse, d’un autre, et plus de toi.

Et je crois que pour le moment, si notre relation est telle qu’elle est, c’est parce que ni l’un, ni l’autre, ne sommes retombés amoureux.

Alors oui, le jour où tu me diras que tu es amoureux d’une autre, ce jour-là, je m’effrondrerais peut-être intérieurement. Comme cela m’était arrivé en Janvier, lorsque tu m’as dit que tu avais couché avec une autre. Je me croyais invincible, reine de notre duo du déséquilibre – toi l’aimant, moi l’aimée -, papillonnant ça et là, avec le cousin d’Aude, avec l’inconnu du 1er Janvier, donnant des regards aux uns, et prenant ceux des autres. Et pourtant, lorsque tu m’as annoncé ça, j’ai eu envie de disparaître – pas de mourir, non, mais juste de disparaître en moi-même, le temps d’encaisser. J’ai laissé tomber le téléphone par terre, et je n’arrivais pas à m’arrêter de pleurer. Tu t’excusais, tellement désolé, me jurant que c’était absolument nul, et que tu te foutais de cette fille, que tu ne rêvais que de ma peau, mais je n’arrivais pas à m’arrêter. J’avais l’impression que mon coeur allait exploser de tristesse, je n’avais pas pleuré comme ça – hurlant, recroquevillée sur moi-même, incapable de marcher – depuis le jour où je t’avais quitté. Putain, qu’est-ce que j’avais mal. Je croyais m’en foutre, jusqu’ici, je croyais être ravie de voir que tous les deux, nous poursuivions notre bout de chemin de notre côté, nous informant régulièrement de nos péripéties – enfin, que des miennes jusqu’ici, et c’était ça qui faisait que je ne réalisais pas vraiment : il n’y avait que moi qui me faisais draguer, et toi, pas encore, donc, ça ne me dérangeait pas. Mais l’affirmation de ton potentiel séduction auprès d’une autre m’a assommé, m’a foutu une belle claque, qui m’a fait m’apercevoir que tu n’étais plus à moi, et que j’étais égoïste. On en a longuement parlé, on a décidé de ne plus s’appeler, pour que tu « guérisses » de moi, et – mais ça je ne l’avouais pas, ni à toi ni à moi-même – pour que moi aussi je guérisses de toi, j’avais le coeur broyé à l’idée de ne plus pouvoir te parler durant des mois, puis tu m’as rappelé, en larmes, concluant que c’était une idée idiote, que c’était s’arracher un bout de soi, que c’était con, et tu avais mille fois raison.

Alors, aujourd’hui, il y a ce statu quo, cette relation si particulière et curieuse qui nous unit. Due à cet équilibre fragile, de toi qui es toujours amoureux de moi à ta manière, même si tu explores d’autres chemins, et moi qui garde une tendresse infinie pour toi, et qui t’accueilles à bras ouverts dans ma vie, à chaque fois que tu reviens, pour y faire ta petite, délicieuse et cruelle par ce qu’elle rappelle, fracture dans nos chemins. Toi qui reviens, et puis qui repars. Et nous savons tout deux que le jour où l’un de nous de nous retombera amoureux d’un ou d’une autre, tout sera différent. Quelque chose changera, profondément, et à l’intérieur de nous, nous préférons de pas chercher à savoir quoi.

Juste nos bras autour de nous, là, aujourd’hui. Et nos mots et nos regards et tout ce vrac qui nous est unique, qui est le nôtre.
Cette douceur, Phil, cette douceur. De toi.

 

20 mars 2008

Un plus un plus un plus un moment.

Publié par eliath dans Non classé

Je crois qu’il suffit de très peu de choses pour être heureux.

Une répétition au conservatoire qui porte, avec ce morceau que j’aime tant, comportant – entre autres – deux piano solos. Alex, « le dernier en date », comme on dit, à l’autre piano, moi au mien, et puis, malgré le fait que ça n’ait pas marché, des sourires complices. On se plante au même endroit, on se soutient, on se marre d’un piano à l’autre, et l’orchestre à côté nous regarde parfois, intrigué de ces nouveaux pianistes qui débarquent pour intégrer l’orchestre le temps de quelques répétitions et d’un concert.

Tout à l’heure, en amphi, des regards et un sourire échangé avec ce garçon dont je ne connais pas le nom ; une discussion, il y a maintenant plus d’un mois, qui nous avait menés juste en bas de chez moi, et lui qui avait rebroussé chemin. Il y avait eu une compréhension immédiate, une complicité, on s’était même dit « à la prochaine fois », et au final, nous ne nous étions jamais recroisés jusqu’à aujourd’hui. Soit lui, soit moi, n’était pas là dans le seul cours que nous avions en commun.
Et tout à l’heure, ce joli regard, sans que nous osions aller nous parler vraiment – celle que je suppose être sa copine à côté de lui, et puis le cours suivant qui commence, moi qui reste dans l’amphi et lui qui s’en va, faute de suivre les même enseignements.

Et puis, Engo qui m’appelle, il y a une demie-heure. Son rire dans le téléphone, et ses hurlements lorsqu’il se reçoit plein de vent dans la figure : « En fait, je crois qu’à chaque rue que je traverse, je meurs. » Il ne sait pas qu’on lui cherche tous un cadeau pour son anniversaire, dimanche. Tous, c’est Jude, Clément, Jeanne, Fabien (comme Jude, c’est le même nom qu’avant, ça n’a pas changé pour lui), Yvan, Vlad, Dan, Pia 1 et Pia 2. Chuck ne sera pas là, mais des pensées pour lui. Même si on ne se voit plus trop, il y a cette complicité si belle qui revient, à chaque fois qu’on se voit. Ses mains au premier Janvier, dans des jeux de mains pour rire – j’avais alors soudain pris conscience que je touchais ses mains, ses mains que j’avais tellement désirées en premiere année de Licence, ses mains que j’avais rêvées de prendre dans les miennes ; et je m’étais soudain sentie toute tremblante et heureuse, heureuse de voir qu’aujourd’hui, je m’en foutais, et qu’en même temps, ça m’était tellement précieux, tellement fort à cet instant, de concrétiser ce truc que j’avais tellement voulu à une époque, et plus aujourd’hui.)
Donc, oui, Engo, ce pote si fantastique, qui murit, qui grandit d’années en années, qui commence à se forger un avenir de plus en plus certain, de plus en plus solide et sûr ; je suis tellement contente que ses stages marchent, que ses rémunérations augmentent, que ses notes soient bonnes à la fac. Il arrive enfin au stade auquel il aspirait, à cette spécialisation qu’il attendait depuis la première année, et que enfin, ce Master, cette quatrième année qu’il attendait tant, lui permet enfin de faire.
Ca m’émeut toujours, quand je nous vois grandir, tous, surtout ceux que je connais depuis la première année. Engo qui entre peu dans la « vie active », avec ce feu sacré intérieur, cette passion, cet enthousiasme communicatif et ce naturel qu’on a vraiment maintenant entre nous – notre humour spécial, cette longueur d’onde qu’on s’est créée, avec lui et Jude. Jude, partie à l’étranger, et qui nous manque. C’est pour quatre ans, et elle l’a choisi, et ça la porte, ça lui va bien. Heureusement, elle revient souvent sur Paris, et on se voit souvent, une bonne fois par mois. Et Jeanne, Clément, les deux Pia, Fabien. Même si parfois « c’est trop la loose », selon notre expression kistch consacrée, même si on doute souvent très fort sur ce qu’on veut vraiment faire plus tard, il y a en nous cet appétit dingue pour tout ce qui peut venir de bon de l’avenir, pour tous les petits moments spéciaux qu’on peut partager – comme le petit voyage de quatre jours, qui nous a encore plus soudés, qu’on s’est fait pour aller rendre visite à Pia 1 qui est repartie dans son pays après un an d’Erasmus, comme les soirées chez Engo et Dan, où on ne fout rien du tout, hormis se marrer, faire des crêpes à 2h du mat, fumer, faire des jeux stupides comme « le jeu des petits papiers » où on marque des noms crétins dessus, jouer avec des capsules et des tasses, bavarder sans arrêt, broder sans jamais finir sur notre humour spécial, être hypnotisés par ce truc lumineux qu’avait un jour offert pour rire Judith, et finir ivres de rire à pas d’heure.

Ce sont mes années fac, je sais qu’elles ne reviendront jamais, que chaque minute que je vis ne se reproduira pas, comme toutes les minutes d’ailleurs, mais parfois, je prends consciences que celles-ci sont vraiment spéciales, ce sont mes années fac, et je les aime.

16 mars 2008

Ici et demain

Publié par eliath dans Non classé

Je pense au jour où mon fils poussera la porte et passera le seuil de ma chambre, alors que je serai à mon bureau. Il sera grand, beau, et je serai fière de le voir entrer dans la pièce. Je le regarderai avec ce regard spécial qu’ont les mères sur leurs enfants, sur leurs fils, emplie de fierté et d’amour infini.

J’aimerais qu’il s’appelle Ismaël, Aaron, Solal, Elias ou Hugo. Il y a des prénoms que je porte en moi, associés ou non à des personnes que j’ai croisées, réelles ou imaginaires, sur un trottoir, une page, ou un grand écran.

De même pour les filles. Chloé, Esther, Ilke, et June sont mes prénoms favoris. Pour combien de temps, je ne sais pas, mais je les aime profondément. Il y a comme mille messages derrière eux, une part d’idéalisation sans doute, de rêve de la petite fille puis jeune fille qui les portera, et une part, simplement, d’amour absolu pour les sonorités de ces prénoms, et ce qu’elles m’évoquent, comme des mythes, des légendes, et des réalités mêlées.

J’aimerais connaître la joie de caresser les cheveux de ma petite fille, et de sentir le bras de mon fils devenu grand autour de mes épaules. C’est fou comme ce désir m’apparaît intense, en cet instant ; je me sens absolument sentimentale, en écrivant ça, mais tant pis ; j’ai l’impression d’être emplie d’un amour extraordinaire pour mes enfants à venir.

 

13 mars 2008

Le salon du livre, ou le plus élégant racolage passif du monde

Publié par eliath dans Non classé

Bon, ok, je me sens absolument ridicule et futile à écrire ça,

mais il semblerait bien que le Salon du Livre soit un vivier à beaux hommes. Des vingt ans tout frais aux beaux demi-siècles grisonnants, en passant par les adolescents fébriles et les trentenaires à mourir (matures, élégants, décontractés, avec la-fossette-qui-tue-juste-là-où-il-faut, épanouis, sûrs d’eux et en alerte à la fois, les hommes de cet âge-là sont magnifiques, sigh), oui, ce Salon du Livre est à la fois un délice visuel (« My god, ils sont tant et si beaux »), une torture psychique (« My god, ils sont tant et si beaux et je ne peux pas tous les avoir »), et une excitation sensuelle (« My god, ils sont tant et si beaux et je ne peux pas tous les avoir, mais j’adore sentir parfois leurs regards sur moi, peut-être que je leur plais un peu, juste un peu, ça serait chouette, oh oui lui plaire à celui-là le grand brun ténébreux, non plutôt le bel homme un peu cendré, ou peut-être encore le joli blondinet au sourire délicat, mais je crois en définitive que je préfère l’artiste itinérant caché dans le coin, avec sa jolie barbe de trois jours…? »)

Pffff.

Affligeante Réjouissante futilité.

Bon, ok, on ne se refait pas.

 

12 mars 2008

Babysérable

Publié par eliath dans Non classé

Je ne sais pas exactement pourquoi,

 

mais je ressens toujours une sorte de mépris immédiat pour les gens qui aiment les photos de bébés dans des chous, endormis nus sur des bottes de foin avec une fleur sur la tête, ou affublés d’une combinaison d’abeille, antennes intégrées.

 

Je me sens très snob en écrivant ça, mais c’est une putain de réalité.

 

Je ne SUPPORTE pas les livres de Anne Geddes.

 

 

12 mars 2008

Ambivalence

Publié par eliath dans Non classé

Un peu de vie, par-ci par-là. J’ai l’impression de réapprendre à écrire pour ici, doucement. C’est pas pareil.

J’ai relu des articles d’Avril 2006. Oh, c’est étrange… de repenser à tout ça. Toute cette pétillance qui en ressort, tous ces visages qui s’entrelaçaient devant mes yeux, ces sourires que je donnais partout, et que je recevais surtout. J’ai l’impression qu’il y a comme une certaine candeur que j’ai perdue de ce temps-là, comme un jeu que j’ai un peu mis entre parenthèses en ce moment. Même si.

C’est amusant, cette joie que je me découvre de trouver la ressemblance sur un certain sujet, particulier, qui me tient à coeur, chez d’autres filles. Evidemment, ça y est, ça va choquer dans les chaumières et faire écarquiller les yeux à plus d’un, mais qu’importe.

C’est cette idée fondamentale, que j’ai conçue au gré de discussions avec Phil, idée dont je suis à présent convaincue, et dont je en démordrai pas : que l’on tombe amoureux d’une personne, et qu’ensuite, il se trouve que c’est un garçon ou une fille. Bien sûr, ça n’est pas le cas pour tout le monde. Mais je me sens de plus en plus ouverte à ce genre d’évènement. Même si je ne suis jamais tombée amoureuse d’une fille, et que, sentimentalement, je ne suis attirée que par les garçons, il me semblerait tout à fait possible que je m’amourache un jour d’une fille. Sans être pour autant « orientée » dans un sens ou dans l’autre.

A vrai dire, il me semble que cela va peut-être de pair avec ma conception de l’existence, qui est faite de la soif de la découverte d’autrui, dans toutes ses ramifications. De plus en plus, il m’arrive de rencontrer cette même conception chez les gens, et ce, plus particulièrement chez les filles.
Et souvent, cette idée d’amour pour les deux sexes est associée à une envie d’essayer, un jour, une relation sexuelle avec une personne du même sexe que soi. Ca, pour le moment, je n’ai pu le vérifier que chez des filles. Et chez un garçon. J’étais ravie de découvrir que Jeanne – qui fait partie de ma petite bande de la fac, mais ça, j’en parlerai un autre jour – était exactement du même avis que moi. Attirée sexuellement, sensuellement, par des filles, mais pas sentimentalement. Du moins, pas encore. Mais une même envie, chez l’une comme chez l’autre, de découvrir le corps féminin, de tenter l’érotisme, le sexe, avec une autre. Heureuses toutes les deux de partager cette même envie, tout en étant pour le moment amoureuses de garçons uniquement. Simplement, cette attraction délicieuse, parfois, brève et légère, pour des filles. Comme j’ai pu l’éprouver avec Gabrielle, l’année dernière. Ou plutôt, comme elle l’a fait naître en moi, sans que je m’en aperçoive, presque. Alors que j’étais avec Phil. Pour cela, Phil était quelqu’un de merveilleux. Il comprenait tout à fait cette attirance, et avait éprouvé la même chose de son côté, en miroir.

Bref. Qu’il est agréable de « découvrir » des gens ouverts, simples, naturels, pour qui tout ça semble évident, sans que cela soit de la provoc, ni un tabou…
Clément en était tout retourné, étonné, surpris, et en fin de compte amusé et taquin, lorsque Jeanne et moi avons abordé le sujet, l’autre jour. Engo aussi. A croire que les filles forment plus de fantasmes dans leur tête que les garçons… C’est pourtant simple : on tombe amoureuses de garçons, mais le fait d’avoir envie d’essayer de coucher avec une fille nous semble tout à fait normal. Et on comprend très bien le fait de tomber amoureuse de filles. Pas compliqué, évident à nos yeux, et pourtant, tellement difficile à faire accepter!

My God, encore une heure indue, bien trop tard pour écrire.
J’avais commencé cet écrit sans trop savoir où aller, et me voilà en fin de compte contente d’avoir développé cette idée, qui compte beaucoup pour moi. Tant pis si je passe pour une cinglée / une illuminée / une nymphomane, vous aurez été prévenus.
 

 

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