See you.

29 mai 2008

Amis du caddie, bonsoir

Publié par eliath dans Non classé

Evidemment c’est toujours les jours où j’ai une tête épouvantable que je croise des tas de gens pas vus depuis longtemps.
Epouvantable, à prendre dans le sens premier du terme : « qui est de nature à provoquer l’épouvante », car à ce moment-là, rencontrer mon reflet dans le miroir placés sur les colonnes entre les caisses de Monoprix provoque vraiment l’horreur absolue en moi. – Notons qu’on se demande bien ce qui est passé par la putain de tête de ce connard de concepteur dudit supermarché : aller mettre des miroirs dans l’endroit où tout le monde court épuisé en fin de journée, la tête écrasée par le stress des péripéties quotidiennes, les traits tirés, habité une seule envie : se tirer de cet endroit bruyant à l’éclairage blafard, et où la mine atroce des gens autour, qui devrait vous réjouir (du genre : « Chic, je suis plus jolie qu’eux, tralalère ») ne fait qu’au contraire vous enfoncer dans votre grognasserie parce qu’elle vous renvoie votre propre image…!

Je me contemple donc soudain avec effroi, me dévisageant dans cette glace narquoise ; du regard, je suis mes cernes immenses dûes aux nuits passées sur Skype avec Léo à l’autre bout, aux nuits passées à me bourrer le crâne de règles de Linguistique et de conjugaisons latines en vue des derniers contrôles continus, aux nuits passées à prendre des verres avec Engo et toute la clique, et constate avec horreur qu’elles sont bleutées à souhait ; j’ai l’impression d’avoir soixante ans et d’être une vieille alcoolique, la gueule enfarinée, les joues tombantes – évidemment, mon esprit effaré en rajoute alors dans le dramatisme, histoire de me traumatiser encore plus -, et la paupière lourde. Je me regarde comme on regarderait une momie ayant survécu à deux mille ans d’histoire, avec un mélange de curiosité et d’appréhension, sur lesquelles surnage un peu de dégoût et d’anxiété.
Ca y est, je suis une troisième âge, les années sifflent à mes oreilles à la vitesse d’un TGV ; je suis une comédienne à laquelle on aurait posé des prothèses visageaires (pitié, je ne trouve pas le bon mot, un peu de clémence, je veux finir ma plainte) pour la vieillir de quarante ans – je pense soudain à cet article que j’ai lu sur Sylvie Testud jouant Sagan ce matin. Elle dit qu’elle a eu l’impression, la première fois qu’on lui avait posé ce truc, de devenir cinglée. C’est un peu ça. Non seulement je me trouve irregardable, mais je me crois aussi un peu dingue, là, comme ça, dans ce Monoprix criard à 19h47.

Et c’est donc après cette journée mi-figue mi-raison, composée d’amphis soporifiques, d’une version latine, d’une répétition avec mon insupportable et anti-musical partenaire de musique de chambre, que, le cheveux hirsute, la mine telle qu’elle pourrait être si je venais de passer une journée sur la station Mir – c’est-à-dire compressée, oui, compressée -, que je croise la moitié de la planète.

Ô, joie de ces gracieux instants.
Du coup, j’en viens à souhaiter de recroiser TOUS ces gens la semaine prochaine, pour leur afficher une mine splendide, réjouie et rayonnante, le pas vaillant et le port altier.
Donc, logiquement, pour y parvenir, il faudrait que je dorme – j’ai fait le calcul du nombre d’heures de sommeil qu’il me manque depuis une semaine, jeudi dernier exactement, partant sur une base de 8h nécessaires par nuit en moyenne, donc 8×7 = 56, moins une nuit complète de 8h = 46 ; j’ai dormi environ 4h par nuit, donc 6×4 =24, soustrayons ce résultat à 46 = 22, comme c’est merveilleux, – sachant que je sors vendredi et samedi : 22 heures, il me faudrait dormir 22 heures dans la nuit de dimanche à lundi pour être fraîche comme une rose, parée à toutes les éventualités de rencontre lundi matin.
En passant, je ne sais plus mes tables de multiplications à partir de la moitié de la table de 6, puisque j’ai dû calculer 6×9 (oui, je me suis d’abord égarée dans des calculs incertains) avec une calculette. La honte sur moi jusqu’à la fin de mes jours, oui peut-être, mais là, pour le moment, je m’en fous, je vais juste DORMIR.

20 mai 2008

Des taxis pour les galaxies

Publié par eliath dans Non classé

Pas le temps d’écrire, et en même temps si. Peut-être est-ce l’envie qui manque. Un peu.

Comme lui qui me manque. Un peu…

 

Il y a eu ce week-end de cinq jours chez lui, dans sa ville.
J’arrive à la gare, on s’est promis de faire « comme si on n’était pas encore ensemble ». Pour garder la joie de se découvrir. Je descends du train, et il me surprend en souriant, surgissant de nulle part alors que je tente de comprendre les panneaux. Il est là, il est beau, rasé de près, il est grand et je peux lever la tête pour lui parler – après moult petits amis de la même taille ou un peu plus petits que moi, ça fait du bien.
Envie de l’embrasser et de faire durer en même temps ; il me dévore des yeux et m’embrasse sur la joue, je lui souris, il prend ma valise, et on traverse la ville sur laquelle le soleil se lève.

Cinq jours entre sa mezzanine et la rivière sous le pont ;
Il y a eu des moments si beaux, comme ce cours de musique donné ensemble à des enfants retardés légers. Leurs sourires, ils essaient de taper dans les mains, on chante ensemble, il m’écoutent jouer de la flûte, lui de la guitare, on imite les abeilles et on fait « wouOUou » pour s’échauffer la voix, et ils sont tellement touchants.

Le soir, Léo et moi faisons des bulles à la fenêtre, en écoutant le Stabat Mater de Vivaldi, dans cette si belle lumière rouge. Les pieds suspendus au-dessus du vide, et les bulles qui s’élèvent dans l’espace. Son visage tendu vers le petit cercle de plastique, le liquide qui s’étire, et la petite sphère légère prend son envol.
Des petits riens, qui font des moments tellement émouvants, rétrospectivement.
On s’écrit des messages sur un morceau de sopalin, avec un bout de bâton d’esquimau embrasé, et nos messages transparaissent peu à peu par l’incandescence qui calcine doucement le tissu. Eliath. Léo.

On s’amuse à jouer au basket comme des gamins, on va au zoo s’exclamer sur les otaries, et à la fin de leur spectacle, on fait une sieste d’une heure sur les gradins vides…
Je découvre son corps et il m’émeut, j’apprends à l’aimer et à ne plus comparer avec l’avant-lui. Trouver un rythme commun, qui fait du bien, qui fait du bon ; on fait l’amour et on reste au lit à parler des heures, et moi je parle dans mon sommeil. Il me raconte les phrases plus ou moins cohérentes que j’émets, me narre nos dialogues – car, me dit-il, on converse vraiment parfois pendant une heure, comme ça, moi endormie, abandonnée, et lui à ne pas pouvoir fermer les yeux car il aime trop parler avec moi, même si je ne m’en souviendrai pas au réveil.

J’apprends peu à peu à lâcher prise.
J’ai eu du mal. Trop besoin de me protéger. Je crois que j’ai une peur inconsciente de l’abandon. C’est pour ça que c’est toujours moi qui suis partie, ou presque. J’ai longtemps craint de ce que mes phrases pouvaient exprimer comme tendresse. Alors, ne pas trop donner. Pour ne pas tout perdre si j’offre trop.
Et là, tout doucement, j’apprends.
J’apprends ce qu’est une relation à distance, et ce qui est bien, c’est qu’on le même rythme. Cette capacité à ne pas forcément se donner de signe de la journée, mais à se retrouver lendemain, tout aussi bien. Pas d’emprise, pas de contrainte ; je lui ai parlé de ce goût, de ce besoin de liberté et de place autour de moi pour y évoluer sereinement, et il me semble qu’il a très bien compris. On respecte nos espaces, nos rythmes de fous chacun de notre côté, et il y a ce plaisir de nos retrouvailles, écrites ou parlées.

Parce qu’aussi, il est créateur, et ça me ravit. Lorsqu’il joue de l’alto merveilleusement bien, lorsqu’il compose, lorsqu’il improvise en fredonnant sur une chanson de Boris Vian, lorsqu’il fait avec moi une chorégraphie déjantée sur le jingle de France Inter, lorsqu’il m’envoie des montages-collages complètement fous depuis Londres où il a passé dix jours, lorsqu’il me parle de tout ce qu’il imagine pour étoffer son mémoire de M2, lorsqu’il me parle de son sujet de thèse – car oui, il veut faire une thèse, et c’est le genre de truc que je trouve formidable, stimulant, parce que ce n’est pas forcément courant, et que moi aussi, j’ai envie -, lorsqu’on fait des vidéos stupides,  lorsqu’on s’invente des rébus comme défis littéraires.

Il y a aura ces deux mois sans lui, parce qu’il rentre en terre lointaine chez sa mère, à des milliers de kilomètre en avion. Trop coûteux pour que je le rejoigne, mais on fera avec.
Parce qu’en septembre, il vient habiter à Paris. Ca me fait drôle. Ce n’est pas pour moi, et d’une certaine façon, ça me rassure. Mais, dit-il, « la jolie blonde que j’ai rencontrée dans la capitale y a sa part… ». Et ça me fait sourire.

Alors, on va voir où ça mène.
Pour le moment, il y a cette sérénité. Que je goûte prudemment. Mais sûrement.

5 mai 2008

Corps à corps

Publié par eliath dans Non classé

Je vais peut-être finir par la haïr, cette salle de bain à la con.

Feu souffre, et personne ne le sait.
Il y a des choses qu’on tait, parfois.

Parce que pour moi, je suis toujours Feu. Je veux.
Même si de l’eau a passé sous les ponts, même si des gens passent et repassent.
Phil me manque, parfois. Très fort.
Je suis toujours elle, toujours la Feu vivante, gaie et triste, pétillante et trébuchante, zigzagante et enthousiaste, entêtée et créative, tout ça. Je n’ai pas envie de perdre tout ça.

Alors s’il-te-plaît, moi, prends soin de toi.

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