See you.

20 mai 2008

Des taxis pour les galaxies

Publié par eliath dans Non classé

Pas le temps d’écrire, et en même temps si. Peut-être est-ce l’envie qui manque. Un peu.

Comme lui qui me manque. Un peu…

 

Il y a eu ce week-end de cinq jours chez lui, dans sa ville.
J’arrive à la gare, on s’est promis de faire « comme si on n’était pas encore ensemble ». Pour garder la joie de se découvrir. Je descends du train, et il me surprend en souriant, surgissant de nulle part alors que je tente de comprendre les panneaux. Il est là, il est beau, rasé de près, il est grand et je peux lever la tête pour lui parler – après moult petits amis de la même taille ou un peu plus petits que moi, ça fait du bien.
Envie de l’embrasser et de faire durer en même temps ; il me dévore des yeux et m’embrasse sur la joue, je lui souris, il prend ma valise, et on traverse la ville sur laquelle le soleil se lève.

Cinq jours entre sa mezzanine et la rivière sous le pont ;
Il y a eu des moments si beaux, comme ce cours de musique donné ensemble à des enfants retardés légers. Leurs sourires, ils essaient de taper dans les mains, on chante ensemble, il m’écoutent jouer de la flûte, lui de la guitare, on imite les abeilles et on fait « wouOUou » pour s’échauffer la voix, et ils sont tellement touchants.

Le soir, Léo et moi faisons des bulles à la fenêtre, en écoutant le Stabat Mater de Vivaldi, dans cette si belle lumière rouge. Les pieds suspendus au-dessus du vide, et les bulles qui s’élèvent dans l’espace. Son visage tendu vers le petit cercle de plastique, le liquide qui s’étire, et la petite sphère légère prend son envol.
Des petits riens, qui font des moments tellement émouvants, rétrospectivement.
On s’écrit des messages sur un morceau de sopalin, avec un bout de bâton d’esquimau embrasé, et nos messages transparaissent peu à peu par l’incandescence qui calcine doucement le tissu. Eliath. Léo.

On s’amuse à jouer au basket comme des gamins, on va au zoo s’exclamer sur les otaries, et à la fin de leur spectacle, on fait une sieste d’une heure sur les gradins vides…
Je découvre son corps et il m’émeut, j’apprends à l’aimer et à ne plus comparer avec l’avant-lui. Trouver un rythme commun, qui fait du bien, qui fait du bon ; on fait l’amour et on reste au lit à parler des heures, et moi je parle dans mon sommeil. Il me raconte les phrases plus ou moins cohérentes que j’émets, me narre nos dialogues – car, me dit-il, on converse vraiment parfois pendant une heure, comme ça, moi endormie, abandonnée, et lui à ne pas pouvoir fermer les yeux car il aime trop parler avec moi, même si je ne m’en souviendrai pas au réveil.

J’apprends peu à peu à lâcher prise.
J’ai eu du mal. Trop besoin de me protéger. Je crois que j’ai une peur inconsciente de l’abandon. C’est pour ça que c’est toujours moi qui suis partie, ou presque. J’ai longtemps craint de ce que mes phrases pouvaient exprimer comme tendresse. Alors, ne pas trop donner. Pour ne pas tout perdre si j’offre trop.
Et là, tout doucement, j’apprends.
J’apprends ce qu’est une relation à distance, et ce qui est bien, c’est qu’on le même rythme. Cette capacité à ne pas forcément se donner de signe de la journée, mais à se retrouver lendemain, tout aussi bien. Pas d’emprise, pas de contrainte ; je lui ai parlé de ce goût, de ce besoin de liberté et de place autour de moi pour y évoluer sereinement, et il me semble qu’il a très bien compris. On respecte nos espaces, nos rythmes de fous chacun de notre côté, et il y a ce plaisir de nos retrouvailles, écrites ou parlées.

Parce qu’aussi, il est créateur, et ça me ravit. Lorsqu’il joue de l’alto merveilleusement bien, lorsqu’il compose, lorsqu’il improvise en fredonnant sur une chanson de Boris Vian, lorsqu’il fait avec moi une chorégraphie déjantée sur le jingle de France Inter, lorsqu’il m’envoie des montages-collages complètement fous depuis Londres où il a passé dix jours, lorsqu’il me parle de tout ce qu’il imagine pour étoffer son mémoire de M2, lorsqu’il me parle de son sujet de thèse – car oui, il veut faire une thèse, et c’est le genre de truc que je trouve formidable, stimulant, parce que ce n’est pas forcément courant, et que moi aussi, j’ai envie -, lorsqu’on fait des vidéos stupides,  lorsqu’on s’invente des rébus comme défis littéraires.

Il y a aura ces deux mois sans lui, parce qu’il rentre en terre lointaine chez sa mère, à des milliers de kilomètre en avion. Trop coûteux pour que je le rejoigne, mais on fera avec.
Parce qu’en septembre, il vient habiter à Paris. Ca me fait drôle. Ce n’est pas pour moi, et d’une certaine façon, ça me rassure. Mais, dit-il, « la jolie blonde que j’ai rencontrée dans la capitale y a sa part… ». Et ça me fait sourire.

Alors, on va voir où ça mène.
Pour le moment, il y a cette sérénité. Que je goûte prudemment. Mais sûrement.

5 Réponses à “Des taxis pour les galaxies”

  1. ninoutita dit :

    Ca donne envie d’y gouter aussi à nouveau, les draps froissés et les bulles, les pieds suspendus au-dessus du vide. Ca me fait penser à ce que j’ai vécu.

    Il parait drole, surtout le coups de continuer à bavarder avec une Eliath endormie, une Eliath dans un autre monde.

    Je me demandais d’ailleurs, d’où vient le nom Eliath ?
    Et quel est ton prénom ? Je suis curieuse; c’est que tu fais naitre en moi un certain mystère, d’ailleurs j’aime mieux puisque ça laisse mon imagination créer des images à partir de ton texte, des images qui n’ont surement rien à voir avec la réalité.
    Mais qu’importe, je me mets à ta place, surtout, surtout les pieds ballants au-dessus du rien, la bulle aussi, le moment où elle s’étire, le moment où elle éclate, tous ces moments qui sont gravés en moi et que tu ravives.

    J’aime toujours autant ici. J’aimerais bien y voir plus d’articles :)

  2. eliath dit :

    C’est marrant que tu parles de mystère, parce qu’en ce moment, plus je lis tes écrits, plus je ressens ça, aussi. Je suis curieuse de savoir qui tu es. Et en même temps, j’aime ce non-dit, ce ne-pas-savoir qui t’entoure, j’aime ne pas te connaître, parce qu’à partir de ça, c’est tout un pan d’imaginaire qui vient, et toute une affection que je me crée pour cette personne d’un ailleurs que j’ignore, d’une vie qui est peut-être juste à côté de la mienne géographiquement, mais surtout près de la mienne par les similitudes de gestes, d’idées, d’instants, et de façon d’écrire, aussi.
    C’est con, mais avant de recommencer à écrire ici, je lisais tes pages, et un jour, je me suis dit : « On dirait moi. C’est comme si elle reprenait le flambeau. »

    J’ai à la fois l’impression de me lire il y a quelques années, avec ce fourmillement de sensations, cet état d’alerte à la merveille en permanence,
    et en même de me lire aujourd’hui, avec cette possibilité de recul, de réflexion plus mature peut-être, mais toujours mêlé à une envie de tout goûter, de tout entendre tout voir tout recevoir.

    En fait, c’est bête, mais ça m’émeut, de trouver de telles résonnances.

    Trêve de considérations…
    Pour répondre à tes questions : le nom Eliath ne vient de nulle part, si ce n’est… de mon prénom. Je n’en dirai pas plus, car ça serait prendre le risque de me découvrir (à qui? à un oeil indiscret que je ne connais pas encore, et qui me reconnaîtrait, peut-être), car mon prénom est assez rare, en fait. Disons que c’est un jeu de lettres… Le trouveras-tu?

    Et toi, tiens, Ninoutita, qu’est-ce que c’est? D’où? Pourquoi?
    C’est curieux, savoir ton prénom serait presque découvrir une autre personne… Mais je me demande bien quand même! :)

  3. ninoutita dit :

    J’aimerais beaucoup avoir repris ton « flambeau » mais je ne t’arrive pas à la cheville dans l’écriture.
    Et ça me fait tellement plaisir de savoir que tu te reconnais dans mes quelques mots…

    Eliath, Eliath… déjà est-ce que ça se prononce Elias ou Eliate ?
    Parce que je pense déjà à un prénom, je ne sais pas s’il est rare.

    Quant à Ninoutita, ça vient du surnom que me donnait ma toute première « meilleure amie », Ninou, j’ai rajouté le -tita pour l’hispaniser et parce que le -tita me ressemble un peu, il me rappelle la gaité innocente des enfants.
    Mon prénom ? Oh, beaucoup sur joueb le savent et je pense qu’il apparait dans quelques uns de mes articles et dans quelques commentaires…

  4. Eliath dit :

    Je ne sais pas trop. Dans ma tête, je le prononce « Eliatt », avec un petit « h » à la fin, « Eliatth », je crois.

    Mais il n’y a rien à chercher du côté des sonorités… Juste des lettres écrites, uniquement des lettres. Disons qu’il faut faire comme au Boggle (tiens, j’adore y jouer avec ma grand-mère) : mélanger un peu tout ça…

    De mon côté, je vais me mettre en quête de ton prénom.
    Tiens, mais, ça n’est pas Inès?…
    Si ça n’est pas le cas, en tout cas, ça t’irait bien. C’est le deuxième prénom auquel je viens de penser. Peut-être parce qu’en fait, c’est vraiment le tien…!

  5. ninoutita dit :

    Oui, je m’appelle bien Inès :)
    Je pense que ton prénom doit être très particulier non ?
    Bon en plus je suis nulle au boggle, alors ça n’arrange pas l’affaire. Mais je vais bien finir par trouver…

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