See you.

19 juin 2008

Home, sweet home

Publié par eliath dans Non classé

J’ai enfin découvert l’appartement dans lequel je vais habiter pendant trois ans.

Tout à l’heure. L’agent immobilier, avec son discours embobinant et enjôleur, sa verve amusante et ses phrases si joliment troussées, nous retrouve en bas de l’immeuble, Aude et moi.
Ah oui, j’allais presque oublier de vous les présenter : mes trois colocatrices seront presque les mêmes que cette année, à une exception près. Ce sont Aude, Tischka, et Cille.

Tout en haut, en sixième étage. Un bel immeuble hausmannien, avec vieil ascenseur, marches cossues de bois recouvertes d’un tapis rouge. L’ascenseur s’arrête au cinquième, on avale la dernière volée de marches qui nous séparent de notre futur « chez-nous ». J’ai un peu le trac, surtout de l’excitation. Je n’ai pas vu cet appart, seules les trois autres l’ont visité, puisque j’étais ce jour-là en partiels. Pas faute de bonne volonté, hein : on était déjà venues deux jours avant, mais le locataire précédent avait oublié, et on avait poireauté à quarante dans la cage d’escalier, comme dans l’Auberge Espagnole. L’agent immobilier était sympa, et je lui avais fait consciencieusement du lèche-botte, en bonne gendre idéale ; les autres prétendants à cet appart avaient environ la trentaine. D’où notre étonnement, notre fierté, et surtout notre hystérie totale et complète lorsqu’on avait appris que ce cher agent nous avait choisies « parce que vous aviez une bonne tête, l’air sympathique, et que vous étiez revenues pour le visiter, malgré la déconvenue de la première fois. » La persévérance paye…

Donc, la porte s’ouvre.

À peine un pied dedans, que je réalise notre chance de dingues. Cinq pièces, avec un énorme salon, et une des quatre chambres immense – qui me sera dévolue, car c’est celle qui a un mur mitoyen avec le salon, où mon piano sera… Je n’avais pourtant manifesté aucun désir particulier ; mes trois colocs me l’ont d’elles-mêmes assignée : puisque j’aime jouer tard le soir, autant ne pas déranger celle qui sera de l’autre côté du mur… en l’occurence, moi. Youpi!

Cuisine vaste et lumineuse. Des vélux partout, on est sur les toits, et la vue sur Paris. La Gare du Nord à dix mètres, donc endroit formidablement bien desservi.

Je crois que j’ai encore un peu de mal à réaliser.
Aaaaaaaahh!!….. °sourire, sourire, sourire°

3 juin 2008

A des milliers de kilomètres, juste à côté.

Publié par eliath dans Non classé

Pekan, mon ami indien, qui était venu passer un an en France, et est reparti chez lui en Inde en septembre dernier, m’appelle hier au téléphone. Et me laisse un message qui m’émeut tellement.

« Eliath, ah, Eliath, je tombe sur ton répondeur… C’est le dilemne [je crois qu'il voulait dire "drame"] national de la Fance : tous les gens sont sur répondeur.

Je voulais prendre de tes nouvelles, savoir comment tu allais [soit dit en passant : je l'avais eu brièvement au téléphone une semaine plus tôt, après trois mois de silence radio ou presque, hormis un ou deux mails], et surtout, te poser une question philosophique. Bon, écoute, qu’est-ce qu’il faut choisir :

Est-ce qu’il vaut mieux s’habituer à une chose à tel point qu’on peut pas vivre sans,
Ou bien jamais s’habituer à une chose à tel point qu’on n’a jamais besoin de s’habituer à cette chose?
Tu comprends? »

J’ai mis quelques instants à comprendre la structure de sa phrase, à travers sa voix si touchante, sa voix émue des jours où on lui manque, où il me manque, où je lui manque.
J’ai continué à écouter mon répondeur.

« C’est un peu choisir entre transe et extase, tu vois? Comment dire, la transe, c’est l’état d’esprit de bouger toujours, et l’extase, c’est s’habituer à une chose à tel point que ça devient toi-même.

Pour moi, c’est un grand dilemne en ce moment. Et ça veut dire… J’t'expliquerai.
Bon, j’espère que je ne t’ai pas cassé la tête avec ça… Je t’embrasse Eliath, et à très très vite. »

J’ai raccroché, et j’ai senti la nostalgie monter, lentement.
Je me suis renversée en arrière sur mon siège, la tête appuyée juste sur le haut, et je crois que j’ai presque eu envie de pleurer. De pleurer et de sourire très fort à la fois.

J’ai repensé à Pekan, à son sourire tellement adorable, sa barbe-qui-pique, sa façon tellement touchante de chercher les mots parfois, et de formuler des phrases pleines d’enthousiasme, qu’on ne comprenait pas toujours, malgré son vocabulaire drôlement étendu. Comme ces deux petites interrogations qu’il a laissées sur mon répondeur, et que je retourne en tous sens pour les comprendre.

Pekan.
Nostalgie…

Ce dernier café qu’on a pris ensemble, et où il me regardait d’une manière tellement.
Il avait un chapeau très chouette, des cheveux un peu bordéliques, et son mélange entre vêtements indiens et so frenchy. Il était furieux contre lui-même d’avoir oublié son cadeau pour moi – le dernier était un sac qu’il m’avait rapporté d’Inde, aux vacances de Février. Il ne buvait pas son café, répandait du sucre partout, et avait l’air d’avoir des mots qui débordaient partout de ses lèvres.
C’était Pekan dans toute sa splendeur, plein d’une envie de dire des tas de choses, avec cette émotion palpable qui jaillissait partout de lui.

Et puis il avait dit les mots qui font trembler, cette espèce de petit don de soi, on offre son coeur dans l’arène, vas-y, prends ou jette, mais au moins, take a look.
Et moi, j’étais là, devant lui, mon jus de pamplemousse tiédissait tandis que son café devenait froid, et je ne savais pas quoi dire. J’avais envie de lui murmurer des mots-compresses, des mots-qui-rassurent, des mots-réconfort à l’oreille, j’avais envie de le prendre dans mes bras et de le serrer contre moi, de lui caresser les cheveux et de lui dire c’est pas grave ça passera et en même temps, je sentais à quel point tout ça aurait été dérisoire. Comparé à ce qu’il venait de me demander, de me dire, là, juste avant de repartir à des milliers de kilomètres de moi.
Je ne sais pas si j’en avais alors perçu toute l’intensité, toute la beauté totale et complète.

C’est surtout lorsque j’ai réalisé qu’il avait décollé, qu’il avait repris l’avion, et qu’on ne le reverrait peut-être jamais, en cette mi-septembre 2007, que j’ai alors compris.
Je me rappelle avoir eu cette impression d’abandon.
Peut-être plus encore que lorsque Phil s’était envolé un mois avant pour le Danemark.

Pekan, mon ami en devenir, cette amitié qui aurait pu devenir si forte et belle s’il n’y avait pas eu ces deux choses.
D’une, son retour en Inde,
De deux, cette déclaration, cet amour qu’il couvait là, tout au fond, sans jamais me l’avoir dit. Je l’avais parfois deviné, mais jamais totalement, je crois que je m’y étais un peu refusée.

Et là, à nouveau, sa voix.
Et ces mots. Ses mots.

Il faut que je le rappelle.
Pour comprendre.

 

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