See you.

27 août 2008

Top départ.

Publié par eliath dans Non classé

C’est étrange, je viens ici presque par bonne conscience. En fait, j’avais oublié cet endroit durant tout l’été.

Ce fut un été curieux, très plein la première quinzaine, pleine de musique, de gens merveilleux, de boulot, d’enfants-ado qui courent dans les couloirs avec leur instrument à la main, de profs délirants et porteurs, d’anims sympathiques, parfois un peu braques. Quinze jours hors du temps, mes quinze jours depuis que j’ai treize ans, mais cette fois-ci, de l’autre côté de la barrière, comme on dit. Je n’étais plus élève, et c’est ça qui était si bon, si différent.

J’achève de finir (pour faire un beau pléonasme) mon mémoire – je me suis enfin mise au boulot, après une année passée à lire des bouquins passionnants, en me disant qu’il serait peut-être temps que je passe à la rédaction…

Léo a disparu du paysage depuis la mis-juillet (à mon retour de ces quinze jours, durant lequel je ne l’ai quasiment pas appelé, pour être précise), par mes soins plus ou moins maladroits ; à vrai dire, après un début si merveilleux, cela ne m’a pas fait grand-chose. Bref, pas envie de préluder là-dessus, c’est fini et ça n’est pas plus mal. Il semblerait même que je me sente libérée. 

Je me permets enfin de m’admettre des choses que j’ai enfouies en moi durant toute l’année.

Entre autres, Phil rentre de C. le 2 Septembre. Il revient sur le sol français. Fin de cette étrange année loin de lui, loin de moi. J’ai la trouille. On s’émeut un peu, on se désire beaucoup, on se fait très peur. Advienne que pourra. Même si tout bas en moi, j’ai une petite voix qui me dit qu’avec lui, c’est mon équilibre qui revient, c’est ma force qui fera retour au bercail, et que j’ai envie de le toucher, de lui parler, de le voir, de le caresser. Que cette année ne fut qu’une longue errance, en quelque sorte, où j’ai testé tout ce que je pouvais tester.

Du baiser d’un soir à la relation de quatre mois où l’on s’embrasse enfin après deux mois passés à se tourner autour, en passant par la relation brève et décevante d’une semaine, une stupidité. Du « jeune » de vingt ans (ridicule, cet adjectif, « jeune », puisque c’est mon âge… Mais voilà, habituée à fréquenter des gens plus âgés, ça me fait toujours étrange, de rencontrer quelqu’un du même âge que moi. J’allais écrire « plus jeune »…) au cousin de trente-cinq ans de ma coloc, divorcé et père de deux enfants (heureusement, nous ne sommes pas allés au-delà d’un simple baiser, tant je me suis aperçue, à la suite de ce verre pris dans un bar décadent d’Oberkampf, que ce type était malsain et obsédé, et pas seulement passionnant, comme je le croyais lors de notre première rencontre), sans succès à chaque fois. Je tiens à préciser que je n’ai jamais « donné » mon corps (étrange, ce besoin de se justifier) comme ça, sur un coup de tête ; je ne le partage qu’avec les plus précieux… (je crois que je me justifie, étrangement, comme pour me certifier que je m’accorde bien avec l’image de moi-même que je m’étais construire jusqu’ici, et que j’ai un peu mise à mal cette année : non, je ne suis pas une fille facile. Disons que je me suis parfois fait plaisir, cette année. Mais sans aller au-delà de mes limites extrêmes. Peut-être juste parfois mes limites « intermédiaires », en embrassant juste histoire de, mue simplement par une attirance physique, tout en sachant très bien que ça n’aurait pas de suite. C’est grisant sur le moment, plaisant le lendemain au souvenir, mais on se sent un peu écoeurée au bout de la troisième fois en deux mois.)

Bref, j’ai exploré, tenter de me persuader que je pouvais passer à autre, et que je n’avais pas fait une erreur en quittant celui que j’aimais depuis bientôt deux ans, en tentant de me convaincre que je ne l’aimais plus alors que je pleurais toutes les larmes de mon corps la dernière fois que je l’ai embrassé – c’est-à-dire trois jours après l’avoir quitté, alors qu’il allait reprendre l’avion dans quelques heures, et qu’il se serrait contre moi, m’embrassant tout le visage, me disant « Je t’aime, Eliath, je t’aime, et toi, tu le sais, tu m’aimes encore ».
Dire que je niais. J’étais bien idiote.

Alors, nous verrons.
J’ai hâte de rentrer ; les cours reprennent dans deux semaines, j’ai hâte.
Je suis rentrée de vacances toute mince, j’ai fondu de manière impressionnante en deux semaines, à ne me nourrir que de tomates et de chèvre – le rythme de vie de mes parents, tellement « mens sana in corpore sano », en ce moment-, et à nager un kilomètre par jour. Pour la première fois depuis longtemps, j’aime mon corps, mais au-delà de bien l’aimer : je le trouve vraiment beau, et j’en suis fière. Je me trouve athlétique, bien foutue. C’est étrange, comme sensation, moi qui ai une relation assez conflictuelle avec lui depuis quelques années. Ultra-fine durant mon enfance, j’ai dû apprendre à assumer mes formes à l’adolescence, ce que j’ai assez mal vécu. Depuis un an ou deux, j’étais fine, mais plus autant qu’avant, et j’en souffrais, surtout avec le regard incisif d’une mère qui a travaillé durant sa jeunesse dans la mode. De grande et très mince, au corps qu’on enviait, j’étais passée progressivement à grande et plutôt mince, avec des formes. Pas de contraste violent, non, mais juste une progression vers un « moi » que j’ignorais, et peinais à reconnaître, malgré le peu de différence sur les photos, sur lesquelles on constatait juste que j’étais à peine plus potelée (et encore, ce mot ne convient pas à ce que je tente d’exprimer, il me paraît trop fort. Et je me semble ridicule, avec mes tergiversations linguistiques sur la bonne expression!) en Master qu’en Licence.
Et là, étranges retrouvailles avec moi-même. Ce corps, fin et souple, qui me dévisage dans la glace. J’ai du mal à me reconnaître, même si le changement est infime – l’histoire de trois kilos, pour parler de manière pragmatique, et encore, c’est surtout parce que je me suis musclée – ; mais en fait, si, je le vois, et je sens que ça se voit. La façon dont Engo m’a dit « Mais qu’est-ce que tu es belle, Eliath! », la façon dont je me sens mieux dans la rue, dont j’accroche plus les regards, dont ma mère me considère (« Eliath, ça n’est pas grand-chose, mais ça change tout. »), dont je m’apprécie moi-même.
J’ai simplement peur de ma propre capacité à tout foutre en l’air. Je me connais ; je manque de courage, donc, j’envoie tout, lentement, balader. Du courage, ma vieille, du courage. Pour ça et pour tout le reste.

Alors, j’ai envie de placer cette année sous le signe de la réussite. Encore mieux que les autres années. Ou plutôt, pas comme l’année dernière, qui fut une étrange année d’errance. Même si j’ai eu des réussites, même si j’ai eu des succès, de bonnes rencontres, je me suis parfois sentie un peu (très) paumée.

Tiens, c’est amusant de constater que j’avais commencé cet article « par bonne conscience », pour ne pas laisser cet endroit à l’abandon, et comme je l’ai poursuivi et achevé avec un réel enthousiasme et désir d’introspection. 

Bon, alors ma vieille, tu sais ce qu’il te reste à faire. 

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