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23 septembre 2008

Et tu tombes

Publié par eliath dans Non classé

Phil, chaque mot que tu dis est un clou que tu enfonces dans ma poitrine.

Tu me manques déjà.

19 septembre 2008

Pulsation

Publié par eliath dans Non classé

Les jours passent très vite.

Des rencontres à la fac, plein, avec toutes ces nouvelles têtes qui concourront avec moi vers un seul et même but, durant les six mois à venir. Tout est encore à venir. Ca commence tout juste à se tisser doucement.

Avec Phil, on se cherche doucement. Entre trouble et désir. Avec angoisse et audace mêlées, avec maladresse et crudité, avec une envie de sincérité et une difficulté à trouver les mots. Et en même temps, par-dessus tout ça, cette simplicité de nos regards, de notre complicité, aussi. C’est délicieux et secouant à la fois, on retrouve ébranlées des certitudes qu’on croyait installées, on a peur et envie à la fois.
Demain, on se voit chez Engo. Ce sera la première fois qu’il va les revoir, tous. J’ai un peu peur, je crois. On ira dormir chez moi ensuite, sans doute, et je frissonne d’avance à l’idée de son corps nu contre ma peau.
Il faut simplement qu’on se réapprivoise. Parce que l’un pour l’autre, nous avons à la fois cet effroi, cette maladresse qu’éprouvent deux personnes qui ne sont pas vues depuis six mois, et en même temps, cette complicité et cette violence mêlées, de deux êtres qui se sont familiers, terriblement familiers, au point qu’ils peuvent se dire des choses parfois très fortes, en doux comme en cruel, sans toujours très bien réaliser comme ce qu’ils viennent de dire peut avoir de l’impact – sa suggestion « il y a peut-être quelque chose de cassé », qu’il a retirée tout de suite, mais qui m’a fait si mal, et puis deux jours après, son ton un peu pressant et angoissé, et à la fois doux, et son « mais j’ai envie de te voir, et toi, tu fais autre chose, bouh, c’est trop dur… Comment est-ce que je vais pouvoir attendre? », qui m’a fait sourire, sourire, et encore sourire.

Il semblerait que je retrouve peu à peu le goût des choses.
C’est con à dire, mais en définitive, j’en arrive à la conclusion que j’ai toujours, quoiqu’il arrive, besoin d’un minimum de cadre. Trop de liberté, et ça devient le bordel total dans ma tête, dans mon coeur, dans ma vie. Pas de rigidité, non : juste un cadre. Un squelette sur lequel je puisse tisser ma toile, constuire mon édifice, conduire mon chemin.

Et en marge de tout ça, il y a cette étrange situation dans laquelle je me suis menée plus ou moins malgré moi. Ce rapprochement entre cet homme et moi, d’abord stimulant et porteur, et, depuis son dernier mail empressé et un soupçon ambigü, un peu déroutant et inquiétant. Je me demande simplement ce qu’il souhaite exactement, même si en moi-même, je pressens bien quel serait son désir profond. Il déborde légèrement du cadre formel, ou du moins chaleureux, courtois, enthousiasmant que devraient avoir nos échanges – des échanges informatifs et en même temps de discussions personnelles, sur des sujets qui nous intéressent tous deux : des échanges tels qu’il pourrait y en avoir entre n’importe quel professeur disponible et élève éveillé et curieux -, par ces quelques petits mots disséminés ça et là, qui jettent un trouble extrêmement discret, mais toutefois suffisamment présent pour mettre mon esprit aux aguets. Néanmoins, il reste globalement dans ce « cadre » apparent universitaire, maintenant la retenue de rigueur. Il y a simplement ces formules qui ne se diraient pas dans un échange normal. Juste des formules, et puis une ou deux idées. Je ne sais exactement que faire, j’ai trop entendu parler de ces liaisons dangereuses qui se sont mal finies pour la partie la plus faible.
Je crois que j’ai plus à me craindre moi-même qu’autre chose. Que je lutte contre mon désir de plaire, ou plutôt ma crainte de déplaire, et que je mette de côté un moment mon style rédactionnel enlevé, exalté, plein d’une sympathie communicative, pour tendre vers une réponse plus cordiale et froide. Il faut que je lutte contre mes habitudes, et que je réfrène cette envie de toujours pousser un peu plus loin dans l’exploration d’une relation – quel que soit son degré d’échange ou d’intimité, c’est ainsi : j’ai toujours envie, lorsque la personne m’intéresse, d’aller plus avant dans l’intensité de l’échange, sur le plan de l’estime, de l’amitié, de la stimulation, de l’admiration, de la séduction, qu’importe.
Je crois que là aussi, j’ai un peu peur. Je crains à la fois de ne pas oser être suffisamment ferme, et de couper trop vite court à un échange qui est pour le moment intéressant et porteur.
Il faut que je repose, justement, un cadre.

Des doutes, des croisées de chemins, alors.

Je finis mon mémoire, après quelques nuits un peu trop longues de travail.
Le matin, lorsque je me lève, il fait parfois nuit, et je sais que bientôt, il en sera de même lorsque je finirai les cours, ces quelques jours de la semaine qui seront cruciaux pour mon avenir, cette année.

Il y a de belles surprises, comme cette « leçon-simulation » que j’ai donnée, l’autre jour. Et où le prof est venu me voir à la pause, me disant que j’étais « la bonne surprise de la matinée », avec « une sacrée personnalité » et que j’avais toutes les qualités requises – « de l’humour, de la finesse, de l’enthousiasme, un vrai sens pédagogique : on a envie de vous suivre, et vous faites vraiment de la musique » – pour l’épreuve finale. Que c’était ça, qu’on attendait d’un élève qui se présente à ce concours. J’étais d’autant plus heureuse qu’il n’en a pas dit de même au brillant premier de la promo de Licence, que j’ai toujours talonné, et qui avait aussi fait sa simulation ce matin.
Sortir du cours le coeur léger, heureuse d’avoir chanté, aussi. Parce que j’ai la sensation d’avoir enfin posé mon timbré, trouvé ma voix, et qu’à présent, je peux me faire plaisir, et oser chanter sans complexes devant du monde. Au point de donner ainsi un cours.

J’attends avec impatience demain soir.
Engo, Jeanne, Clément, Vian, Dan, Yvan (tiens, que de « -an »… Je le remarque seulement à présent), d’autres, et Phil.

Mes colocs sont revenues aujourd’hui de leurs voyages respectifs. L’année va être rude pour elles. Si peu de vacances pour tant de boulot. Des gardes, des nuits blanches à veiller, des polys énormes à apprendre.
Mais pour nous quatre, cet appartement dément, qu’on va sabrer au champagne samedi prochain.

Oh, retrouver enfin ce rythme, cette pulsation de vie dont j’ai tant besoin, et qui me manquait tant, durant le mois d’août…

14 septembre 2008

No pasaran sous les fourches caudines

Publié par eliath dans Non classé

Il y a des rendez-vous manqués, des choses que j’aurais dû faire il y a cent ans.

Parfois j’en crève de ne pas avoir su te dire les choses au bon moment.
Et surtout, d’avoir été trop fière, trop orgueilleuse, trop conne tout simplement, de ne pas avoir ouvert les yeux, sur ce qui était si beau entre nous, tellement beau qu’aujourd’hui on tente de récupérer tout ça les mains ouvertes. J’essaie de ramasser les débris les pots cassés les bribes éparses d’un « nous » amoureux qui fut durant quelque temps, mais je n’y parviens pas sans me faire mal, sans me blesser les doigts et me couper m’entailler encore plus le corps l’esprit le cœur.

Je n’aurais jamais cru que je pouvais avoir aussi mal à l’idée de te perdre.
Aussi mal à l’idée de perdre quelqu’un.
Aussi mal d’amour pour quelqu’un pour toi pour toi Phil.

Toi tu te dis perdu et en même temps chez toi lorsque tu me vois,
Je crois qu’on se plaît et en même temps on ne sait plus,
Les mots paraissent inutiles et encombrants, et en même temps, ça me déchire de te voir pour une fois presque muet tant tu es égaré en toi-même et en moi, et de devoir refouler moi-même tous les mots qui se bousculent derrière mes lèvres. Je parle par à-coups, soit trop soit pas assez, et toi tu te débats avec ce que tu tentes d’exprimer, sans parvenir pour une fois à le dire.

On se cherche, est-ce qu’on réussira à se rattraper.

Tant de gestes familiers qu’on retrouve, avec l’envie mais on est tellement déboussolés de ces retrouvailles si soudaines et bonnes, qu’on ne sait plus si la conviction est celle qu’il faut. On s’essaye à s’embrasser, une main qui traîne parce qu’on a tant aimé ça à l’époque de « nous », mais en fait, chaque geste porte en lui une question : « Est-ce que je le souhaite ? Est-ce ça que le tréfond de moi-même désire ? » Et pourtant, ça nous semble tellement évident, que tout est spontané, mais aux trois-quarts de sa course, le geste est comme freiné par toutes les interrogations qu’il traîne, tous les doutes qui s’emparent de nous, gênant notre désir notre tendresse notre envie notre liberté.

C’est comme un amour en déroute dont on tente de rassembler les morceaux.
J’ai parfois l’impression qu’on a fait les chemins à l’envers ; lorsque tu as fini par te résigner, moi je me suis enfin réveillée, j’ai pris conscience et j’ai réalisé. Et là, les positions sont comme inversées, je me sens faible et petite, demandeuse, et toi tu peux me considérer, perdu, mais demandé. Même si tu es aussi désirant et demandeur, et que lorsque tu as pressé ton corps nu contre le mien jeudi soir, tu as frémi de bonheur, tu m’as serrée contre toi lorsque nous avons fait l’amour et nous nous sommes regardés longuement au café, des tas de fois. Tu m’as dit que tu me draguais et on s’est cherchés l’un l’autre, doucement, avec désir.

J’aimerais tellement qu’on puisse trouver la clef.

Entre trop parler et pas assez, je ne sais pas où est le juste milieu, quelle est la solution, et toi non plus. On est perdus, l’un en face de l’autre, désemparés, presque pleins de désarroi, à contempler cet autre qui a tant compté pour nous, à s’essayer à refaire ces gestes si bons et familiers qui existaient encore il y a un an, mais sans y parvenir totalement. Tu as raison, il y a peut-être quelque chose de cassé, comme tu te le demandais jeudi, je ne sais pas ; j’ai envie de pleurer en écrivant ça.
J’aimerais qu’on se réapprenne, qu’on se retrouve comme il faut et toi aussi, je le sais, tu me l’as dit, tu aimerais.

Est-ce une issue qu’il faut chercher ou bien une entrée.

Changés et pareils, changés et pareils.

11 septembre 2008

C’est une fois tout près qu’on veut fuir.

Publié par eliath dans Non classé

Je vois Phil dans une heure et j’ai peur. Je vois Phil dans une heure et j’ai peur. Je vois Phil dans une heure et j’ai peur.

J’ai peur j’ai peur j’ai peur j’ai peur j’ai peur j’ai peur j’ai peur j’ai peur j’ai peur j’ai peur j’ai peur j’ai peur j’ai peur j’ai peur tellement peur que je ne suis même capable d’écrire ça treize fois (putain, j’ai pensé « treize fois » dans ma tête, avant de le compter sur l’écran, et c’est vraiment treize fois. Il y a parfois des coïncidences qui me scient.) sans une faire une faute de frappe à chaque « j’ai peur ».

Je vois Phil dans une heure et j’ai peur.

Je vois Phil dans une heure et ça va faire six mois qu’on ne s’est pas croisés, aperçus, touchés, parlé de visu, fait la bise, étreint, regardé.
Qu’est-ce qu’il va penser? Dire? Evidemment qu’on va parler, comme d’habitude, que ça va être chouette formidable génial, comme d’habitude, mais ce dont j’ai peur,

ce dont j’ai peur, vraiment peur,

c’est de ces premières secondes où il va m’apercevoir, me regarder avancer vers lui, et où je sentirai son regard qui me dévisage, m’englobe, me scrute et m’observe toute entière, pour la première fois depuis six mois. Ces premières secondes où on se déflore à nouveau des yeux, où on se jauge on se juge on se dévore.

J’ai peur j’ai peur, oui, j’ai peur.

10 septembre 2008

Et tu dresses ton inventaire

Publié par eliath dans Non classé

Je suis rentrée vers minuit avec Vian, et j’ai retrouvé des sensations un peu égarées. Électricité émotionnelle, on s’assied à côté, je parle trop et lui pas assez, mais on joue avec les mots, sourire en coin, « Je t’analyse » et « Tu n’as pas toujours dit ça… »

À cinq chez Engo, et ce dernier qui ne cesse de me questionner sur ce fameux Chilien avec lequel je bois des verres depuis une semaine. À vrai dire, je n’en ai pas grand-chose à faire, c’est plus pour passer le temps qu’autre chose, histoire de me remettre un peu dans le bain, mais j’aime bien. C’est agréable, de se sentir courtisée, et de se laisser faire, l’air de rien. Profiter du moment, à siroter un café dans un bar qui ne peut malheureusement plus être enfumé – même si ça m’explosait la gorge, j’aimais bien ce charme des brumes de cigarettes -, à parler un peu et se regarder beaucoup, simplement pour le plaisir du moment.

Donc, chez Engo, faire un plat totalement expérimental, avec du riz, de la viande hachée, des poivrons, des courgettes, saupoudrer le tout de fromage et enfourner ce mélange douteux au four ; et au final, entendre Engo qui répète toutes les deux minutes : « Eh, n’empêche, je suis vachement fier, c’est drôlement bon ce truc. » « Bon, c’est pas pour dire, mais c’est le pied, là, cette création. » « Je suis devenu un super-pro en improvisations culinaires, vous avez vu?? » « Non mais vraiment, on se régale, vous êtes pas d’accord?… »

Je regarde Vlad, on joue à faire un « Pyramide », les mots s’emmêlent avec finesse, on s’étonne l’un l’autre de connaître quasiment l’intégralité des Beatles, et je trouve qu’il s’améliore, sur tous les points, à chaque fois. Surtout depuis qu’il s’est coupé les cheveux. À croire que les cheveux trop longs, ça vous tue un garçon, et que les cheveux plus courts (mais pas rasés, par pitié) révèlent sa beauté. Pour exemple, Phil, Léo, Engo, Fab (quoique, lui, qu’il ait les cheveux longs ou courts ne change rien : il est à crever de sexytude), et Vlad. Ah, pardon, contre-exemple : Clément. Lui, le court lui donne l’air d’un poussin perdu, et les cheveux plus longs, en bataille, le glamourisent diablement.

Et ce que j’aime par-dessus tout, c’est m’allonger sur le sol de ma nouvelle chambre sous les toits, sous mon velux grand ouvert, avec en fond sonore, « Roxane » de Police, « Karma Police » ou « Exit music » de Radiohead. La rumeur de la ville surgit dans ma chambre, avec l’air de la nuit. Et dans la vitre se reflète la tour Eiffel qui s’illumine cinq minutes, au loin, ou bien la rue en bas, avec les gens qui passent, traînant derrière eux leur valise. Des bruits, des lumières étouffées, et la voix tellement dingue de Thom Yorke, comme une vague de plaisir qui se dépose sur mon corps que j’ai soudain l’impression de quitter, là, de laisser sur le sol de cette chambre. Je pars loin au-delà de mes murs, et j’imagine que je marche dans Paris, n’importe où, dans mes quartiers préférés. Je me dématérialise, c’est tellement étrange, cette sensation d’abandon de moi-même, où en même temps, je me vois dans ce velux, au-dessus. À la fois tellement réelle, et presque comme un reflet imaginaire, une idée dans l’eau qu’on tente d’attraper, je sais bien que si je tends la main je ne pourrai pas me toucher. Une cigarette serait presque nécessaire pour ce genre de moments, je crois que je vais m’y mettre si ça continue, comme pour complèter cette sensualité extraordinaire qui émane de l’instant.
Je trébuche dans ma mémoire, je m’enfouis dans mes souvenirs et je repense à tous les gens que j’ai croisés, je m’engouffre dans la réminiscence de mes premières années de fac, Fred, Nassim, Pierre, oui Pierre, Chuck, Al, David et tous les autres, vos noms je ne les oublie pas, même si les chemins divergent parfois. On se revoit, on se sépare, on se recroise, on s’oublie, on se retrouve à nouveau, pour repartir encore.
C’est comme une extase lente et douloureuse, avec un goût d’amertume et de nostalgie sur la langue, ce moment, le dos accroché par terre ; je m’ancre plus profondément à l’intérieur de moi, et j’ai la sensation de vivre quelque chose d’unique, un de ces moments où la solitude est tellement goûteuse, tellement nécessaire. Tournée vers le tréfond, c’est un peu ça, et je cherche les autres dans mémoire, jusqu’à suffoquer de ne pouvoir les atteindre, là, maintenant, tout de suite. Cette putain de nostalgie, accompagnées de tous les regrets ou remords de ce qu’on n’a pas accompli, ou de ce qu’on a eu tort de faire. Je retrouve les rush de mes souvenirs, mes bouts d’existence que je récupère au fur et à mesure comme des bobines oubliées, je remue un peu les couteaux dans les plaies pour me rappeler encore mieux, parce que je me sens exister, avec toutes ces choses que j’ai laissées derrière moi, et qui m’accompagnent encore plus ou moins.
Il y a des caresses qui se perdent, et des mots que je n’ai jamais dits, et c’est peut-être ça, qui rend le souvenir si fort, c’est cet inachèvement, ces itinéraires que je n’ai jamais poursuivi, ces tentatives qui n’ont jamais abouti. Des chemins qui n’ont pas pu ou su se croiser, des rendez-vous manqués parce qu’ils n’ont jamais été convenus même si désirés, je repense à Pierre, qui se manifeste de temps en temps, toujours aussi désirable, et désirant je crois, mais c’est comme si des portes qui s’étaient refermées à il y a longtemps se refusaient à se rouvrir, elles sont closes, à présent.

Alors je rebrousse finalement chemin pour arrêter de me faire ce mal qui fait du bien parce qu’il est riche de minutes vécues, et j’arrête la projection, fin de la séance, repliez les strapontins. Cessation de la non-activité, je me rattrape finalement au bord du gouffre de la mémoire, et je quitte ce sol sur lequel je m’écrasais lentement, comme dans un crash voluptueux.

Le Rhin le Rhin est ivre où les vignes se mirent
Tout l’or des nuits tombe en tremblant s’y refléter
La voix chante toujours à en râle-mourir
Ces fées aux cheveux verts qui incantent l’été

Mon verre s’est brisé comme un éclat de rire
 

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