See you.

19 septembre 2008

Pulsation

Publié par eliath dans Non classé

Les jours passent très vite.

Des rencontres à la fac, plein, avec toutes ces nouvelles têtes qui concourront avec moi vers un seul et même but, durant les six mois à venir. Tout est encore à venir. Ca commence tout juste à se tisser doucement.

Avec Phil, on se cherche doucement. Entre trouble et désir. Avec angoisse et audace mêlées, avec maladresse et crudité, avec une envie de sincérité et une difficulté à trouver les mots. Et en même temps, par-dessus tout ça, cette simplicité de nos regards, de notre complicité, aussi. C’est délicieux et secouant à la fois, on retrouve ébranlées des certitudes qu’on croyait installées, on a peur et envie à la fois.
Demain, on se voit chez Engo. Ce sera la première fois qu’il va les revoir, tous. J’ai un peu peur, je crois. On ira dormir chez moi ensuite, sans doute, et je frissonne d’avance à l’idée de son corps nu contre ma peau.
Il faut simplement qu’on se réapprivoise. Parce que l’un pour l’autre, nous avons à la fois cet effroi, cette maladresse qu’éprouvent deux personnes qui ne sont pas vues depuis six mois, et en même temps, cette complicité et cette violence mêlées, de deux êtres qui se sont familiers, terriblement familiers, au point qu’ils peuvent se dire des choses parfois très fortes, en doux comme en cruel, sans toujours très bien réaliser comme ce qu’ils viennent de dire peut avoir de l’impact – sa suggestion « il y a peut-être quelque chose de cassé », qu’il a retirée tout de suite, mais qui m’a fait si mal, et puis deux jours après, son ton un peu pressant et angoissé, et à la fois doux, et son « mais j’ai envie de te voir, et toi, tu fais autre chose, bouh, c’est trop dur… Comment est-ce que je vais pouvoir attendre? », qui m’a fait sourire, sourire, et encore sourire.

Il semblerait que je retrouve peu à peu le goût des choses.
C’est con à dire, mais en définitive, j’en arrive à la conclusion que j’ai toujours, quoiqu’il arrive, besoin d’un minimum de cadre. Trop de liberté, et ça devient le bordel total dans ma tête, dans mon coeur, dans ma vie. Pas de rigidité, non : juste un cadre. Un squelette sur lequel je puisse tisser ma toile, constuire mon édifice, conduire mon chemin.

Et en marge de tout ça, il y a cette étrange situation dans laquelle je me suis menée plus ou moins malgré moi. Ce rapprochement entre cet homme et moi, d’abord stimulant et porteur, et, depuis son dernier mail empressé et un soupçon ambigü, un peu déroutant et inquiétant. Je me demande simplement ce qu’il souhaite exactement, même si en moi-même, je pressens bien quel serait son désir profond. Il déborde légèrement du cadre formel, ou du moins chaleureux, courtois, enthousiasmant que devraient avoir nos échanges – des échanges informatifs et en même temps de discussions personnelles, sur des sujets qui nous intéressent tous deux : des échanges tels qu’il pourrait y en avoir entre n’importe quel professeur disponible et élève éveillé et curieux -, par ces quelques petits mots disséminés ça et là, qui jettent un trouble extrêmement discret, mais toutefois suffisamment présent pour mettre mon esprit aux aguets. Néanmoins, il reste globalement dans ce « cadre » apparent universitaire, maintenant la retenue de rigueur. Il y a simplement ces formules qui ne se diraient pas dans un échange normal. Juste des formules, et puis une ou deux idées. Je ne sais exactement que faire, j’ai trop entendu parler de ces liaisons dangereuses qui se sont mal finies pour la partie la plus faible.
Je crois que j’ai plus à me craindre moi-même qu’autre chose. Que je lutte contre mon désir de plaire, ou plutôt ma crainte de déplaire, et que je mette de côté un moment mon style rédactionnel enlevé, exalté, plein d’une sympathie communicative, pour tendre vers une réponse plus cordiale et froide. Il faut que je lutte contre mes habitudes, et que je réfrène cette envie de toujours pousser un peu plus loin dans l’exploration d’une relation – quel que soit son degré d’échange ou d’intimité, c’est ainsi : j’ai toujours envie, lorsque la personne m’intéresse, d’aller plus avant dans l’intensité de l’échange, sur le plan de l’estime, de l’amitié, de la stimulation, de l’admiration, de la séduction, qu’importe.
Je crois que là aussi, j’ai un peu peur. Je crains à la fois de ne pas oser être suffisamment ferme, et de couper trop vite court à un échange qui est pour le moment intéressant et porteur.
Il faut que je repose, justement, un cadre.

Des doutes, des croisées de chemins, alors.

Je finis mon mémoire, après quelques nuits un peu trop longues de travail.
Le matin, lorsque je me lève, il fait parfois nuit, et je sais que bientôt, il en sera de même lorsque je finirai les cours, ces quelques jours de la semaine qui seront cruciaux pour mon avenir, cette année.

Il y a de belles surprises, comme cette « leçon-simulation » que j’ai donnée, l’autre jour. Et où le prof est venu me voir à la pause, me disant que j’étais « la bonne surprise de la matinée », avec « une sacrée personnalité » et que j’avais toutes les qualités requises – « de l’humour, de la finesse, de l’enthousiasme, un vrai sens pédagogique : on a envie de vous suivre, et vous faites vraiment de la musique » – pour l’épreuve finale. Que c’était ça, qu’on attendait d’un élève qui se présente à ce concours. J’étais d’autant plus heureuse qu’il n’en a pas dit de même au brillant premier de la promo de Licence, que j’ai toujours talonné, et qui avait aussi fait sa simulation ce matin.
Sortir du cours le coeur léger, heureuse d’avoir chanté, aussi. Parce que j’ai la sensation d’avoir enfin posé mon timbré, trouvé ma voix, et qu’à présent, je peux me faire plaisir, et oser chanter sans complexes devant du monde. Au point de donner ainsi un cours.

J’attends avec impatience demain soir.
Engo, Jeanne, Clément, Vian, Dan, Yvan (tiens, que de « -an »… Je le remarque seulement à présent), d’autres, et Phil.

Mes colocs sont revenues aujourd’hui de leurs voyages respectifs. L’année va être rude pour elles. Si peu de vacances pour tant de boulot. Des gardes, des nuits blanches à veiller, des polys énormes à apprendre.
Mais pour nous quatre, cet appartement dément, qu’on va sabrer au champagne samedi prochain.

Oh, retrouver enfin ce rythme, cette pulsation de vie dont j’ai tant besoin, et qui me manquait tant, durant le mois d’août…

Laisser un commentaire

Le journal de Manon |
constantina |
doublesjeux |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | proana59
| Je suis une âme détruite...
| Une nouvelle vie commence